Meditation 25 octobre 2026

Ce dimanche nous recevons un double commandement, celui d’aimer Dieu, et son prochain comme soi-même. Aimer en trois directions :
- Commencer par Dieu, ce Dieu de bonté de qui vient tout bien, sans qui n’est aucun bien et de qui procèdent tous les biens, comme disait saint François d’Assise. La légende raconte qu’il était tellement émerveillé par cet amour divin qu’il pleurait parce que « l’amour n’était pas aimé. »Quand la violence sévit en nos sociétés fracturées, en des pays déchirés par les guerres fratricides et les oppressions de toutes sortes, l’amour n’est pas aimé. Ce n’est pas « la faute à l’amour ». Serait-ce dû aux résistances qui sont les nôtres, à celles de nos libertés déviantes ? « Je mets devant toi la vie ou la mort, la bénédiction ou la malédiction. Choisis donc la vie … » Dt 30,19Puiser à la source de l’amour et le rayonner, c’est un beau programme de vie mais il ne nous est pas dit que c’est toujours facile.Toutefois, ouvrir son cœur, son âme et son esprit à l’amour qu’est Dieu, dans le silence de la prière peut donner juste la force de faire chaque matin un pas vers l’autre, un pas pour l’autre, un pas avec l’autre.
 - Aller vers l’autre en frère, en sœur car nous n’avons qu’un seul Père qui est aux cieux. Cette culture de la rencontre nous vient selon François, le saint comme le pape, de cette conviction d’appartenance à une grande famille humaine que Dieu regarde avec la bonté d’un Père qui nous engendre en attendant d’être reconnu par les fils et les filles que nous sommes. Au-delà de la sympathie naturelle envers certains proches, c’est à la fraternité avec tous et toutes que nous sommes appelés, les proches comme les lointains. Cet amour - là naîtrait-il d’une compassion active issue de la reconnaissance intime d’une humanité partagée ? 
- Une telle humanité partagée exige alors de s’aimer soi-même comme un autre. Un fioretti franciscain illustre à mon avis ce commandement d’aimer en 3 directions : le lépreux insupportable. Une fraternité soignait des lépreux mais parmi eux, un ne se supportait pas lui-même au point d’être insupportable envers les frères et de blasphémer contre Dieu.  Arrive saint François et les frères lui demandent quoi faire : continuer à soigner ce lépreux ou non puisqu’il blasphémait contre Dieu. François décide d’aller rencontrer ce frère lépreux si difficile ! Il commence par prier puis va lui demander ce qu’il peut faire pour lui.
Le malade lui explique qu’il sent tellement mauvais qu’il ne se supporte pas lui-même. Aussitôt, François fait chauffer de l’eau où il jette des herbes odorantes et lavant le lépreux, celui-ci guérit et se réconcilie avec Dieu, lui-même et tous les frères ! 
Prendre ce chemin de l’amour fait écho à cette parole toute simple de Michée le prophète : « On t’a fait connaître, homme ce qui est bien, ce que le Seigneur réclame de toi : Rien d’autre que de pratiquer la justice, aimer avec tendresse et marcher humblement avec ton Dieu. »  (Michée 8, 6)

Sœur Maggy Léonard, clarisse de Ronchamp

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