Session jeunes soeurs
Fin septembre, 14 jeunes moniales dominicaines se sont réunies pour une session intensive de 10 jours. Parmi elles, deux formatrices sont chargées de l’organisation de ces sessions pour la Fédération Notre-Dame des Prêcheurs qui compte 13 monastères (11 en France, 1 en Suisse, 1 en Norvège). Sr Ingeborg-Marie répond à nos questions
.Q. : Sr Ingeborg-Marie, tu participes à cette session comme formatrice. Peux-tu nous présenter brièvement en quoi elle consiste ?
Sr I.-M. : Cette session fait partie d’un cycle de 6 ans, de10 jours par an chaque année au mois de septembre. Le cycle est conçu pour les moniales en formation, depuis le temps du postulat, à leur arrivée au monastère. Il s’agit donc d’une formation théologique inter-noviciats pour notre fédération dominicaine. Un enjeu de ces sessions, outre la formation intellectuelle, est de favoriser la connaissance mutuelle entre les sœurs en formation et de connaître les différents monastères. Les sessions ont toujours lieu dans un de nos monastères, même si cette communauté n’a pas de sœurs en formation. Les liens tissés sont importants pour nouer la communion fraternelle entre sœurs et plus largement entre communautés.
Q. : Comment sont structurées les sessions et qui sont les intervenants ?
Sr I.-M. : Le cycle dure 6 ans, mais les sœurs le commencent quand elles arrivent au monastère, donc pas toujours au début du cycle. Par exemple cette année nous étudions la Trinité qui est la dernière année, mais plusieurs postulantes débutent le cycle. La première session traite de la Révélation, vient ensuite la Christologie puis l’Église, les sacrements, l’anthropologie et la Trinité. Chaque année nous choisissons des intervenants spécialistes du thème. Ils sont toujours plusieurs pour couvrir différentes approches (Écriture, Pères de l’Église, Théologie). Ce sont souvent des religieux, dominicains ou non (un carme cet année) mais aussi des moniales.
Q. : Quels sont les défis pour la réussite de ces sessions ?
Sr I.-M. : La formation professionnelle ainsi que le bagage théologique de chacune sont très variables, de même que la maturité des sœurs en fonction de leur arrivée plus ou moins récente dans la vie monastique. Il faut pouvoir s’adresser à toutes, des plus débutantes aux plus avancées, et faire l’unité. Mais les questions des unes sont également stimulantes pour les autres. L’enjeu est d’approfondir sa foi, ses connaissances théologiques. Ce sont les fondements qui soutiendront leur vie monastique dans la durée. C’est également important que les cours se déroulent dans un cadre communautaire, dans l’un de nos monastères. Le lien entre la théologie, la recherche théologique de Dieu et la contemplation, en devient plus évident et aide les sœurs à intégrer dans leur vie la dimension de l’étude si chère à notre vocation dominicaine. Les sessions se préparent aussi en amont par des lectures et se poursuivent grâces aux pistes de travail et bibliographies fournies par les intervenants.
Q. : En vois-tu déjà les fruits ?
Sr I.-M. : Bien sûr, et je peux le dire de mon expérience lors de ma propre formation. Les découvertes théologiques faites pendant les sessions nous poussent à creuser toujours plus en profondeur. Et nous nous découvrons également toutes unies dans la même vocation : la recherche de Dieu dans l’unanimité. Cette unité est d’ailleurs bien plus profonde que les différences entre nos communautés que nous apprécions comme des richesses grâce à ces séjours dans 6 monastères différents au fil des années de formation. Les contacts noués dans cette étape où l’on pose les fondations demeurent des amitiés solides et des soutiens tout au long de notre vie monastique.
